DES MÉTHODES EMPLOYÉES POUR LES ACCLIMATATIONS PISCICOLES AU MAROC par J.-G. PRUDHOMME Conseiller technique de la Fédérationde Pèche du Maroc,à Fès. La faune autochtone piscicole s'offrait, enau Maroc, comme une transition entre les faunes européenne et africaine proprement dites. Celte dernière, représentée par une quinzaine d'espèces de .Barbeaux très diffé-renciés suivant les milieux. On notera l'absence complète des Siluridés et la présence d'espèces sans intérêt des genres Blennie, Loche et Aibérine. C'est en montagne et au-dessus de 1.000 mètres d'altitude que se trou-vait le peuplement naturel le plus intéressant, abondamment représenté, à l'époque, par la variété macroslygma de la Truite fario comprenant, en plus du type normal à taches noires et rouges, un type à points noirs seulement et plusieurs types lacustres dépourvus de toute pigmentation. Noter aussi que l'altitude n'a pas, dans ce pays, la valeur absolue qu'elle a en Europe pour la répartition des espèces, et que, pour une même alti-tude et en raison des chaleurs d'été, les eaux offrent des possibilités très différentes suivant qu'elles sont d'origine profonde (fonte des neiges), ou superficielles. Le problème était d'empoissonner en espèces qui restaient à importer plusieurs lacs de montagne trop chauds pour les Truites, deux grands lacs de barrage en plaine et une grande lagune côtière. Dans ces derniers cas, la profondeur ou le voisinage de la mer atténuaient réchauffement estival. Parmi les espèces choisies, figuraient, en premier lieu, les Cyprinidés. La Carpe existait déjà dans deux lacs, précédemment introduite par les Eaux et Forêts du Protectorat. Le Kotengle et la Tanche vinrent facilement à l'étal d'alevins par bateaux ou par avion. Deux petits lacs reçurent les alevins qui frayèrent l'année d'après. Il en fût de même avec le Blaek-Hassà grande Ixmche, malgré de grosses pertes. Les alevins furent introduits dans les deux lacs précédents et la fraye eut lieu l'année suivante. On s'était ainsi assuré, sur place, de la semence, laquelle servit à d'autres repeuplements également féconds en résultats. L'affaire était réglée pour ces trois espèces. Article available at http://www.kmae-journal.org or http://dx.doi.org/10.1051/kmae:1947011
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—10.5— L'introduction de la Truite arc-en-ciel se lit par plusieurs envois d'œufs, les uns par bateaux, les autres par avion, ce dernier mode de transport donnant de loin les meilleurs résultats. Le transport du Brochet et de la Perche reçut une solution originale, grâce à l'appui deM .l'Inspecteur généralV O L G A ,de Ncuchâtel (Suisse), Pour le Brochet, notamment, l'importation d'alevins était d une compli-cation extrême. D'abord, il était difficile d'avoir des alevips, ensuite il fallait les embarquer à Bordeaux le jour du départ du bateau, après quoi, deux jours de tra\ersée, puis dédouanement, et, à nouveau, 20 à nk heures de transport de Casablanca vers nos lacs. Ces alevins revenaient à un prix qui n'était pas loin de valoir leur pesant d'or à l'époque. En tout, il en arriva par bateau 22 vivants. Lne fois, en allant chercher au bateau ai reproducteurs de 5o centimètres, je ne pus que prendre possession des cadavres. En deux voyages, j'en avais moi-même rapporté en auto, par l'Espagne, 21, dans un bidon bien calorifuge avec une énorme caisse à glace qui occupait tout le porte-bagage de la voiture. Fatigué de ces résultats dérisoires, sans rapport avec la dépense et le temps perdu, je m'enquis .auprès de différentes personnalités françaises, puis auprès deM .V O U G A ,des possibilités de transport des œufs de Bro-chets. En France, ce transport était, à l'époque, jugé impossible, par suite, comme on va le voir, d'interprétations erronées de résultats négatifs. L'Inspecteur généralV O U G Aqui, entre autres techniques, possédaitàfond celle du Brochet, croyait le transport possible pour quelques heures pour l'avoir fait maintes fois dans son canton. Quant à réussir un transport de 5o heures minimum, seule l'expérience pouvait montrer ce qu'il en était. L'expérience fut donc faite sous forme de l'envoi, par avion, d'une caisse laboratoire de Neuchâtel à Fez, caisse contenant 5.ooo ceufs d'Arc-en-ciel témoins et 00.000 œufs de Brochets, les uns transportés en milieu humide, en bouteilles thermos, avec air, sans air et avec atmosphère d'oxy-gène. Les autres, sur des cadres de toile identiques à ceux des œufs de Truites. L'âge de ces œufs soigneusement noté sur chaque lot, variait de 2 à 10 jours. La quantité de glace était celle qu'on aurait employée pour des Truites. A l'ouverture du colis, après ;>o heures de transport total, il se trouva que, seuls, les œufs âgés de 8 jours au départ, étaient encore bien vivants. Les œufs de 9 et 10 jours avaient éclos'en route. Les œufs plus jeunes et tous les œufs des thermos étaient morts. Les œufs de huit jours, mis îi éclore sur treillis de fils de laiton, à i5°, donnèrent une éclosion abondante, ainsi que les œufs d'Arc-en-ciel. Ceci se passait en Avril 1939. On avait éclaîrci le mystère et mis en même temps en évidence les raisons des échecs subis antérieurement dans le transport des œufs de Brochet. Ces œufs s'avéraient transportâmes une fois embryonnés et pas avant, et dans la limite de temps que la théorie
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— 196 — laissait prévoir, conditionnée par la température ambiante et le nombre dedegré-jours propre à l'espèce. C'est ce court laps de temps qui rend l'opération délicate, encore que rien ne s'oppose, en théorie, à ce qu'on puisse l'augmenter de ih heures, par exemple, par une caisse mieux calo-rifugée et une quantité de glace plus importante. L'étalonnage thermique préalable d'une telle caisse devrait être fait d'une façon très précise au laboratoire. Après ce colis, un deuxième de oo.ooo œufs de huit jours, passé pour le compte des Eaux et Forêts du Protectorat, donnait à la station officielle g5 % d'éclosion. Enfin, début Juin, 10.000 œufs d'une fraye tardive me parvinrent encore. C'est alors que le problème de la Perche fut abordé et résolu de la même façon. M.V O U G Avoulut bien se donner la peine de récolter dans le lac de Neucbâtel une cinquantaine de rubans d'œufs, d'âges é\idemment indé-terminés, mais variés. Ces œufs voyagèrent uniquement en atmosphère humide refroidie sur les cadres de gaze du modèle courant et les rubans furent immergés directement, partie au sein des herbiers, partie sur des parpaings. Trois mois après, les premières captures de perchettes étaient signalées. Elles sont aujourd'hui des millions. 11 apparaît certain que le nombre de degré-jours de la Perche étant sensiblement égal à celui du Brochet, les œufs qui ont éclos devaient être sensiblement du même âge que les ceufs de Brochets des expériences précédentes. De ces expériences, dont tout le mérite revient à l'Inspecteur général V O U G A ,se dégage une loi générale du transport des ceufs de poissons. Qu'il s'agisse des gros œufs isolés des Salmonidés, d'œufs temporairement adhé-sifs, comme ceux du Brochet, de petits œufs en rubans comme ceux des Percidés, le transport est possible dans le battement de temps qui sépare l'embryonnage de l'éclosion, et qui est évidemment conditionné par le nombre de degré-jours de l'espèce et la température ambiante. Ce trans-port doit être fait à sec. L'échec des thermos le prouve, dû, sans doute, à des proliférations bactériennes indésirables dues au non renouvellement de l'eau. Le transport d'œufs quelconques dans l'eau n'apparaît pas tech-niquement impossible. J'ai transporté, une fois, une trentaine d'œufs de Saumon de fontaine près d'éclore, dans une thermos d'un litre remplie à moitié, pendant quatre heures, sans déchets, et, par des changements d'eau répétés, ils auraient, sans doute pu tenir beaucoup plus longtemps. Toutefois, une méthode de ce genre exigerait le transport d'un énorme poids mort d'eau et n'aurait, de ce fait, aucun intérêt pratique. Les essais de transport d'œufs de Brochets tentés antérieurement en France furent négatifs, à sec ou dans l'eau, probablement pour cette raison qu'ils n'étaient pas embryonnés et, dans le dernier cas, par le non renou-vellement ou l'insuffisance de la quantité d'eau employée. On notera que l'âge optimum de huit jours donné précédemment pour
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—197 — mes essais est tout relatif et ne vaut que pour la température initiale de l'eau du laboratoire d'incubatiop de Neuchâtel. Il pourrait être de sept jours ou de neuf jours avec un début d'incubation dans des eaus plus chaudes ou plus froides. Pour revenir au sujet, les résultats des acclimatations ont été satisfai-santes et les vitesses de croissance dans certains lacs vierges, analogues à celles observées précédemment dans les acclimatations en Australie et Nou-velle-Zélande. Dans plusieurs lacs à sitèsc plancioniquc et benthique abondante, la Truite arc-en-ciel atteignait couramment 4 à G livres à trois ans d'âge. L'introduction postérieure de Cyprins, faite par des gens bien intention-nés « pour donner à manger aux Truites ji, aboutit à une pullulation de blanchaille prodigieuse et telle que le maintien d'un équilibre normal imposa, dans quelques cas, l'introduction du Brochet, de la Perche ou du Black-Bass. Là où la Truite arc-en-ciel a pu être maintenue, elle plafonne au poids d'un kilo. En eau courante, TArc-cn-ciel donne un bon rendement complémen-taire de la Fario, sans dépasser la demi-livre, poids atteint à une ou deux années. Elle fournit un gros rendement à la pèche, surtout en début d'ouverture. Dans les deux cas, malgré qu'on trouve au printemps sur les graviers littoraux et les frayères des femelles pleines d'excellents «eui's faisant mine de frayer, il n'a pas été observé de reproduction naturelle ; Perches et Black-Bass donnent d'excellents rendements dans les lacs, surtout le Black-Bass, qui a retrouvé ici le climat de son pays d'origine, -profite énormé-ment de la nourriture exogène et ne montre pas la disposition qu'offre quelquefois la Perche d'une pullulation exagérée avec tendance au nanisme. Les poids records sont de 6 livres pour les Black-Bass et de 4 pour les Perches. Les Brochets, quelle que soit leur provenance, ont montré une rapidité décroissance phénoménale. Parmi ceux nés en 1939, les femelles dépassent toutes le poids dp >.o livres et il s'en capture, chaque année, des centaines. La reproduction est très bonne dans certains lacs, mais nulle dans d'autres offrant pourtant de bonnes conditions. On notera l'intérêt des méthodes d'importation par œufs qui ont permis à ces poissons de se débarrasser de leurs parasites spécifiques et qui ont prouvé la valeur des méthodes de pisciculture moderne. Pour toutes les espèces, il a été remarqué une avance très nette de la maturité sexuelle en relation évidente avec le climat. Ces travaux ont été effectués par les techniciens des Sociétés de Pêche, en collaboration a\ec l'Administration des Eaux et Forêts du Protectorat et M. l'Inspecteur

BLACK-BASS / BLACK-CHLEEH

Le black-bass a été introduit en Europe en 1878, il est originaire d’Amérique du Nord où il existe plusieurs sous-espèces, black-bass à petite et grande bouche, black-bass moucheté. il as etait introduit au Maroc bien avant 1948 cette éspéce fut d'un rendement exellent puis disparut ensuite progressivement . La reproduction parait s'effectuer dans de trés bonne conditions . on peut voir de jeunes sujets un peu partout le long des rives .. cette &éspéces connait un développement prodigieux auquel la présence de perches soleil aliment de choix , n'est certes pas étrangére..De trés fortes péches sont couramment faites en de nombreux points des différents lac de barrage ..Si les tailles courantes vont de la piéce moyenne d'une livre a celle de 1.500 kg .. il existe tout un échelonnement de bétes plus grosses , avec des sujets massifs arrivant a 10 livres .. a bin el ouidane les beaux tableaux sont fréquents en black chleeh de dimensions souvent trés honorables et parfois reùmarquables ... J ai constaté bien des fois des scores de grande qualité ou figuraient des piecs faisant jusqu a 50 cm ..
un conseil pour l'avenir "" le nokill d'aujourd'hui pour une meilleure péche demain ""
Micropterus Salmoïdes – Lacépède, 1802
Famille des Centrarchidés


Description

Le black-bass possède une forme allongée et trapue. La tête est forte, l’œil grand et expressif. Le maxillaire inférieur déborde nettement la mâchoire supérieure, les deux sont garnis de nombreuses dents. L’opercule couvert d’écailles se termine par une pointe molle.
La nageoire dorsale est composée de deux parties distinctes contiguës, la première courte, basse et épineuse, la seconde plus haute ne comprenant que des rayons mous. Les pelviennes se situent à l’aplomb des pectorales et l’anale débute par trois rayons épineux.
Quant à sa coloration, le dos est vert-bronze, le ventre blanc. Les flancs vert-olive à reflets argentés, présentent une bande sombre qui s’étend de l’opercule à la caudale.


Habitat et mœurs

Le black-bass n’aime pas les eaux courantes. S’il est présent dans un fleuve ou une rivière, c’est uniquement dans les zones les plus calmes ou exceptionnellement dans les courants lents.
Les eaux closes représentent sont habitat de prédilection. La saison de grande activité commence juste après son frai, fin mai, début juin et atteint son apogée en plein été. Le black-bass passe alors de longues heures immobile, complètement camouflé dans la végétation, à commencer par les bancs de nénuphars auxquels il semble vouer une grande affection. Mais il apprécie également les herbes aquatiques, racines ou branches immergées.
En automne, il est fréquent de voir des bandes de black-bass se déplacer à la recherche de nourriture. Ils se gavent d’alevins pour constituer des réserves d’énergie afin de pouvoir affronter les rigueurs de l’hiver qu’ils passent près du fond, en semi-léthargie.


Régime alimentaire

Les jeunes black-bass vivent en groupes et se nourrissent principalement de plancton. Quant aux adultes, ils deviennent carnassiers.
Opportuniste, le black-bass est capable d’avaler tout rond tout ce qui passe à sa portée. Tout rentre dans sa grande gueule : insectes et mammifères aquatiques, petits poissons, grenouilles, rongeurs, oisillons !
Son régime alimentaire très varié lui permet de s’adapter un peu partout pour peu que les gros prédateurs tels que brochets et silures ne soient pas dominants.


Reproduction

Le black-bass se reproduit durant le printemps, lorsque la température de l’eau atteint 16 à 18°C. Comme chez tous les Centrarchidés, c’est le mâle qui assume la plus grand part du travail. Il prépare tout d’abord dans une zone peu profonde, un nid en forme de cuvette où il attire une femelle qui y dépose de 4000 à 6000 ovules.
Une fois les œufs fécondés, le mâle chasse la femelle et garde farouchement la ponte dont l’incubation dure de 5 à 6 jours. Il protège ensuite la progéniture durant 2 à 3 semaines, jusqu’à leur premiers coups de nageoires.
Les jeunes vivront en groupe durant plusieurs années. Leur croissance est assez rapide, à la fin de la première année, ils atteignent 12 à 15 cm. Ils finiront leur vie solitaires.


Noms étrangers

Black-bass, trout-perch, large mouth black-bass, achigan (anglais) ; Forellenbarsch (allemand) ; persico trota (italien) ; perca americana (espagnol) ; pastrvski grgec (croate). black-chleeh ( maroc ) , c'est a moi que reviens cette interprétation




Durée de vie : en moyenne 15 ans, jusqu’à 20 ans
Taille : en moyenne 30 cm, jusqu’à 60 cm voir 60cm
Poids : en moyenne 500 g, jusqu’à 6 kg

http://www.pecherandomaroc.fr kazimkazimbass